04décembre2021

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Quelles sont les vitamines pour le cœur? En plus de l'aide physique, le soutien spirituel est aussi d'une grande importance pour nous. "Des vitamines pour le cœur» est le titre d'une série dans laquelle nous publions de nouveaux rapports mensuels. Les vitamines sont des compilations d'extraits que nous pouvons présenter avec l'aimable autorisation des auteurs sur notre site. Parce que nous obtenons ces bonnes réactions de lecteurs sur celles-ci, nous voulons les partager ici et nous espérons qu'elles peuvent apporter à tant d'autres une grande joie.

Vitamine pour le coeur

TEDx Talk "Avec de l’amour, change le monde"

TEDx Talk avec Wolfgang Schmidt :
TED Talk complet, ici en vidéo Youtube (Anglais).
Le TEDx Talk n’est pas né suite à une demande d’Aktive Direkt Hilfe e. V. mais sous la responsabilité personnelle de son auteur Wolfgang Schmidt (vice-président d’Aktive Direkt Hilfe e. V.). Les prises de positions politiques de cette publication représentent l’avis de son auteur, ceux-ci ne coïncidant pas obligatoirement avec ceux de l’association Aktive Direkt Hilfe e. V.. Malgré le fait qu’Aktive Direkt Hilfe e. V. prenne ses distances par rapport aux propos de teneur politique formulés, la publication dans son entier est publiée sur ce site internet, en raison du haut degré de convergence des convictions exprimées avec celles de l’association.

1. Je revenais juste de République démocratique du Congo

C'est un pays immense confronté à d'immenses défis. Vous n’êtes peut-être pas tellement informés de la situation de ce pays, mais je suis sûr que vous connaissez beaucoup d’autres foyers de crise dans le monde. En regardant tous ces problèmes, nous pourrions vite venir à la conclusion, de ne pas pouvoir faire grand-chose pour en trouver la solution. Et cependant, je crois que chacun est dans la mesure d’y participer et les choses peuvent prendre un tournant positif si nous agissons avec amour. Je crois que le meilleur moyen pour changer le monde consiste en commençant par notre propre cœur. Seulement alors nous pouvons essayer d’aider les autres à faire de même. Mon expérience me dit que l’amour est la meilleure voie pour changer un cœur.

Je voudrais bien raconter ce que Lenka, mon épouse, et moi-même, et notre petite équipe au Congo arrivons à faire, pour montrer ce qui peut être atteint, même lorsque les conditions sont difficiles.

Essayez d’imaginer que votre réfrigérateur soit vide, ou bien que vous n’ayez même pas de réfrigérateur. Que vous n’ayez pas de travail et pas d’argent non plus. Dans les pays riches, on reçoit dans ces cas-là une aide sociale pour la nourriture et le logement. Pas dans les pays pauvres ! Imaginez qu’il n’y ait pas d’aide de ce type. Vous sortez le matin de la maison le ventre vide, essayez de trouver un peu d’argent et de rentrer à la maison le soir avec un peu de nourriture pour toute la famille. Ce sont des centaines de millions de personnes qui vivent comme cela chaque jour.

  • Un milliard d’êtres humains vivent avec moins d’un dollar par jour. Ce qui veut dire qu’un être humain sur sept a faim la plupart du temps.
  • De l’autre côté, les 1 % des personnes les plus riches de la planète ont autant de richesses que tout le reste du monde.
  • Toutes les trois secondes, quelqu’un meurt des conséquences de l’extrême pauvreté, ce qui fait chaque année plus de 10 millions de personnes.

Ces chiffres élevés ne restent pour certains que des chiffres. Mon épouse et moi, qui avons habité plus de 10 années en Afrique, avons nous-mêmes vu ce que signifient certaines de ces statistiques. Nous avons vécu là-bas dans six pays différents et si nous avons décidé de concentrer notre aide sur le Congo, c’est parce que parmi ceux-ci, c’est l’un des plus pauvres.

Le Congo a beaucoup de difficultés à cause de ses nombreuses ressources naturelles. Pourquoi y a-t-il tant de conflits au Proche-Orient ? À cause du pétrole me diriez-vous ? Le Congo a mieux que le pétrole : il a du pétrole, de l’or, des diamants, du cuivre, de l’étain, du cobalt, de l’uranium, et du coltan qui sont utilisés dans les téléphones et ordinateurs portables. Avec le seul fleuve Congo, le pays pourrait fabriquer assez d’électricité pour satisfaire les besoins de la moitié de l’Afrique, si ce n’est de l’Afrique tout entière. Mais il n’y a pas d'électricité dans les campagnes, et dans les villes il peut être coupé à tout moment. Environ 80 % des 80 millions de Congolais sont sans travail. C’est à l’intérieur du pays que les besoins sont les plus importants (photo 1) où il n’y a pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de vraies routes, pas assez d’écoles et quasiment pas de travail ou d’argent. Pourquoi le Congo, malgré toutes ses richesses, est-il un des pays les plus pauvres du monde ? Une des raisons en est son évolution historique.

À la fin du 19e siècle, le Congo devint propriété personnelle du roi de Belgique Léopold II. Sous sa domination mourut environ la moitié de la population, soit plus de 10 millions de personnes. Sur les plantations de caoutchouc, un grand nombre d’ouvriers, dont des femmes et des enfants, pouvaient avoir les pieds ou les mains coupés s’ils ne récoltaient pas suffisamment de caoutchouc.

Après le règne de Léopold, le gouvernement belge contrôla le Congo avec des méthodes moins barbares, mais une dominance colonisatrice tout aussi répressive. Il vola les matières premières du Congo jusqu’à l’indépendance officielle de celui-ci en 1960. Très rapidement après l’indépendance, Mobutu, dictateur terrible soutenu pas la Belgique et les États-Unis, régit le pays pendant plus de 30 ans.

En 1997, Mobutu fut chassé pas Laurent Kabila et ses alliés de l’Ouganda et du Rwanda. Lorsque Laurent Kabila refusa de livrer des matières premières à ses alliés, ceci déclencha une guerre entre ces pays et le Congo. Cette guerre se termina officiellement en 2003. En réalité, elle se poursuit à l'est du pays (photo 2). De récentes insurrections dans ces zones en témoignent. 9 millions de personnes sont mortes pendant ces 20 dernières années, soit des suites directes des combats, soit à cause de maladies ou de la malnutrition, conséquences directes de la guerre.

Cette guerre est en réalité un pillage par des entreprises d’exploitation minière, qui utilisent le Rwanda et l’Ouganda ainsi que leurs armées de rebelles pour voler les ressources de l’est du pays. Le Congo ne reçoit que peu de revenus de la vente officielle des matières premières, et ce revenu ne parvient qu’aux personnes qui siègent tout en haut de la pyramide. L’essentiel des ressources sort du pays suite à une exploitation minière illégale et à la contrebande. Des avions semblables à ceux-ci atterrissant à l’est du Congo et transportant des matières premières vers le Rwanda et l’Ouganda (photo 3).

Quelles pourraient être les solutions ?
  • Arrêter cette guerre et la surexploitation illégale des ressources du Congo.
  • Les revenus du pays devraient être investis dans le développement du pays plutôt que de parvenir dans les poches des élites.
  • Le Congo a besoin d’une éducation appropriée et d’un développement économique pour l’ensemble de la population. Ceci afin de couvrir les besoins de celle-ci et de développer une conscience politique nécessaire au développement d’une vraie démocratie.

2. Qu’avons-nous entrepris, Lenka et moi, pour aider ?

Nous sommes arrivés au Congo en 2003, après le déplacement de la guerre vers l’est du pays.

Nous avons importé un container d’aide humanitaire et l’avons distribué à des personnes de Kinshasa dans le besoin (photo 4). Ensuite, nous avons débuté un programme d’alimentation pour des orphelins (photo 5). À Kinshasa, certains parents sont tellement pauvres qu’ils abandonnent leurs enfants dans la rue ou devant la porte des orphelinats. Des centaines de bébés sont abandonnés à Kinshasa ; des milliers d’enfants vivent dans la rue.

En 2008, nous avons adopté l’un de ces nouveau-nés, que nous avons nommé Anissa. On la voit ici, deux mois après son adoption (photo 6) et sur une photo plus récente (photo 7). Anissa développe les talents qui lui ont été donnés, car elle en a la possibilité : elle parle couramment anglais et tchèque, et avec moi elle apprend l'allemand. Elle aime faire du ski, du patin à glace, du roller, de l’athlétisme, danser, chanter et elle apprend à jouer du piano. Elle prouve tout le potentiel présent en Afrique, si ses enfants ont la chance de développer leurs talents. Nous faisons de notre mieux pour qu’Anissa grandisse dans un environnement tendre et aimant, pour qu’elle aussi sache ce qu’est d’être aimante et prévenante. Je suis d’avis que ces valeurs ne devraient pas seulement être enseignées à la maison, mais également avoir une place très importante dans chaque programme scolaire et universitaire.

En 2011, nous avons trouvé une misère terrible à la campagne lorsque nous visitions le village de Mushapo. Les chefs de village nous ont demandé de construire une école, car il n’y en avait aucune. Quelle qu'ait été la difficulté de la vie sur place, il était très clair pour nous que si nous ne construisions pas cette école, personne d’autre ne le ferait. Sur place, nous avons moulé de la terre (photo 8) pour en faire des briques en terre cuite (photo 9) afin d’assurer la construction de bâtiments robustes. Pour atteindre Mushapo, il fallait monter à bord de vieux avions de Kinshasa jusqu’à Tshikapa, puis continuer 60 km à moto (photo 10) ou en voiture (photo 11) à travers la brousse, ce qui pouvait durer, suivant les pluies et l’état de la route, de 4 à 12 heures. Ces trois bâtiments représentent l’école et ici, c’est le centre de santé que nous avons construit pour les habitants (photo 12).

Depuis 2012, plus de 2000 enfants ont été scolarisés gratuitement dans notre école, ce qui est rare au Congo où chacun paye normalement des frais de scolarité (photo 13). Ceci est la raison pour laquelle 50 % des enfants congolais n’ont aucune éducation scolaire, leurs parents n’ayant pas les moyens de la leur financer.

En 2016 ont commencé dans les provinces du Kasai, où se trouve notre école, les mêmes types de combats que ceux qui existaient déjà dans l’est du Congo. Le but de ces violences est de chasser les populations afin de pouvoir mieux exploiter les ressources du pays. Des milliers de personnes furent tuées de façon brutale et l’on a retrouvé 80 charniers. Il y eut plus d’un million de réfugiés ou déplacés et des centaines d’écoles furent fermées, dont la nôtre. La grande majorité de nos professeurs et écoliers durent fuir vers Tshikapa avec leurs familles où – au prix de grands efforts – ils ont pu reprendre les cours l’après-midi, avec les enfants d’une autre école. Depuis, j’ai appris que notre école de Mushapo a été rouverte par les habitants qui y sont restés.

En 2017, nous avons démarré un nouveau projet à Mabala où nous construisons une école pour des enfants plus âgés auxquels nous voulons donner une éducation supplémentaire à l’agriculture, pour qu’après leurs examens de fin de scolarité, ils puissent gagner leur vie plutôt que d’être sans travail. Ici, on voir Mushapo, Tshikapa, Kinshasa la capitale et Mabala, aux environs de Nioki (photo 14).

Je souhaite très fort aider ces enfants. Je voudrais rassembler ces informations et les diffuser à travers un livre que je suis en train d’écrire et par le site internet de notre association « Aktive Direkt Hilfe ».

3. On nous demande parfois : « Pourquoi aidez-vous au Congo...

... et pourquoi aidez-vous les gens d’une manière générale ? Pourquoi faites-vous cela à plein temps et bénévolement, sans salaire ? »

Ceci nous remmène à une expérience très particulière, que Lenka et moi-même avons faite il y a longtemps ; chacun à un moment différent, où nous avons ressenti de façon si forte un amour profond, que cela a changé notre vie du tout au tout. Nous avons compris que cette forme d’amour était la solution à nos propres problèmes et à ceux du monde. C’était comme un médicament contre le SIDA ou contre le cancer.

Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire quand je parle d’amour : l’amour à la Hollywood est irréaliste, superficiel et éphémère. Je vous parle du vrai amour, qui est actif pour aider quelqu’un. Dans l’amour, il ne s’agit pas de recevoir, mais de donner. Il fait don de quelque chose, comme notre temps, comme nous-mêmes ou quelque chose de matériel.

Cette forme d’amour est décisive. Elle est la clé pour changer le monde. Sans elle, les choses progresseront comme elles progressent aujourd’hui. Les plus grands obstacles auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont un manque d’amour. La guerre, la faim, la pauvreté et la crise migratoire sont tous sans exception des conséquences de l'avidité et de l'égoïsme. Pourquoi nous étonner qu’il y ait tant de réfugiés quand ceux-ci n’ont pas assez à manger dans leur propre pays, qu’ils sont chassés de leurs maisons, qu’ils ont été bombardés ? Il n’y a pas non plus de raison d’avoir peur des étrangers. Pendant la plus grande partie de ma vie, j’ai été moi-même un étranger, puisque j’ai vécu et travaillé dans 14 pays différents sur 4 continents.

Les nations riches gaspillent chaque année 220 millions de tonnes de nourriture et le monde entier gaspille chaque année 1,7 milliard de dollars pour des dépenses militaires. Avec juste une fraction de cet argent – et avec de l’amour – nous pouvons combattre la pauvreté à la place de nous battre les uns contre les autres.

Voici encore quelques idées de ce que l’amour peut réaliser :
  • La consommation de drogue, la solitude, les dépressions et le suicide peuvent être réduits à condition de passer plus de temps avec les hommes et les femmes pour leur faire preuve d’amour.
  • Donner, aider et montrer son amour est bénéfique à chacun : pour la personne dans le besoin et pour la personne qui fait preuve d’amour. Quand nous faisons don de quelque chose ou que nous aidons autrui, l’amour nous revient en retour.
  • Nous pouvons tous partager quelque chose avec ceux qui ont moins que nous. Cela ne nous fait pas mal, cela aide quelqu’un.
  • Nous avons besoin d’une attitude d’amour et devrions agir dans l’amour. Chaque famille, entreprise, organisation ou gouvernement devraient s’occuper du bien-être des membres de son équipe, de ses collaborateurs ou de ses citoyens.
  • Avant d’entreprendre quelque plan, décision ou action, nous devrions toujours nous poser cette question : « Est-ce un acte d’amour ? »
  • En agissant avec amour, nous ne volerons, ne mentirons ou ne tromperons pas, nous ne serons pas paresseux, querelleurs ou avides. Au contraire, nous aiderons les autres et nous réconforterons les uns les autres.
  • Une autre forme d’amour est de s’opposer au malheur, de se prononcer contre lui et de faire quelque chose pour le changer.

4. Comment pouvons-nous recevoir encore plus de cet amour ?

Les choses les plus importantes dans la vie ne sont pas visibles, ne peuvent pas être saisies, fabriquées, vendues ou achetées. Ces sont des choses comme l’amitié, la paix, la foi, l'espérance et l’amour. À côté de la dimension physique, il y a une dimension spirituelle. L’expérience qui a changé notre vie, à Lenka et à moi, était un débordement d’un amour surnaturel qui, nous le croyons, nous vient de Dieu. Cela n’a rien à voir avec la religion, c’est une relation personnelle entre Dieu et l’un d’entre nous. Nous, les hommes, sommes de nature égoïste et notre amour humain a ses limites. Le type d’amour dont je vous parle est surnaturel et se perpétue. Chacun peut recevoir ce type d’amour, quels que soient sa couleur de peau, sa confession, son statut social ou son éducation.

5. Chacun peut faire quelque chose. Vous aussi.

Par exemple, on peut :
  • Parler des injustices dans le monde et essayer de convaincre d’autres personnes de faire quelque chose contre ces injustices.
  • Travailler bénévolement pour une ONG ou en créer une avec des amis.
  • Trouver une situation où des personnes sont dans le besoin et commencer un projet, ou bien aider à un projet existant ou lui apporter son soutien.

Mère Teresa dit un jour : « Si tu ne peux nourrir cent personnes, alors nourris-en un seul. » Elle dit aussi : « Nous ne pouvons pas accomplir de grandes choses sur cette terre, seulement de petites choses avec beaucoup d’amour. ». Ce qu’elle a accompli, ce n’est pas une obligation pour nous de le faire. Il n’est pas non plus nécessaire d’aller au Congo pour changer le monde. Si nous entourons les hommes et les femmes autour de nous avec de l’amour, de la considération et de l’amitié, alors cela changera notre partie du monde. Soyons honnêtes, le monde a suffisamment de nourriture, de terres et d’argent pour chacun. Ce qui nous manque, c’est assez d’amour pour les partager.

  • Alors, dans l’amour, travaillons ensemble, même avec des gens qui sont différents de nous.
  • Aidons les hommes et les femmes dans le besoin, aidons les pauvres, là où nous pouvons.
  • Avec de l’amour, changeons le monde !

Copyright © 2018 Texte : Wolfgang Schmidt ; Photo : Aktive Direkt Hilfe e. V.

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